Toulouse

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Accueillir les émotions de nos enfants

October 18, 2018

 

Dans mon précédent post, je concluais en disant ‘qu’il y a toujours quelque chose derrière une émotion, quelque chose de légitime pour la personne qui vit cette émotion’.

Accueillir les émotions est, à mon sens, une attitude qui permet de prendre soin de nos relations. Il y en a plein d’autres mais c’est, de mon point de vue, la première à avoir.

D’abord parce que ‘accueillir les émotions’ permet de les apaiser. Les apaiser plutôt que les camoufler, les masquer ou les faire taire. Bien sûr, en apparence, le résultat semble le même. Mais le risque est grand en faisant taire l’émotion que celle-ci soit enfouie au plus profond de l’enfant qui l’exprime et qu’elle vienne remplir le bocal des émotions niées. Bocal qui risque de se renverser ou déborder plus tard dans l’enfance, l’adolescence ou même l’âge adulte. Vouloir faire taire les émotions de ces enfants, c’est aussi faire passer le message que les émotions ne sont pas légitimes avec, comme conséquence, que cet enfant, au fil du temps, arrête de partager ses émotions pour remplir chaque jour un peu plus son bocal.

C’est un point que j’évoquais également dans mon précédent post en parlant des émotions de ma fille aînée. C’est lorsque j’ai commencé à accueillir toutes ses émotions qu’elle a commencé à m’en parler, elle qui ne l’avait jamais fait (ou très peu) avant l’âge de 10 ans. Elle m’a notamment parlé des émotions qu’elle a eues lorsqu’elle était plus jeune. Des émotions dont je n’avais pas pris conscience. Des souvenirs dont je ne pensais pas qu’elle se souvenait du fait de son très jeune âge. Des blessures si fortes que l’évocation de ces moments est toujours un peu douloureuse pour elle … et pour moi.

Je suis parfois inquiet lorsque j’entends des parents dire que leur enfant est sage parce qu’il ne se met pas en colère ou qu’il exprime peu ses tristesses et ses peurs. Ca me rappelle trop ce que je disais de ma fille aînée. J’étais très fier de cela et je réalise aujourd’hui le mal que je lui faisais, bien involontairement, et la « bombe à retardement émotionnelle » que ça aurait pu être. J’aime à dire aux parents qui sont fatigués et souvent impuissants devant les colères de leurs enfants qu’ils ont la chance que le système d’alarme de leurs enfants fonctionne bien et qu’ils ont la chance de recevoir l’information que quelque chose se passe chez eux. Je ne crois pas qu’une personne, et encore moins un enfant, puisse ne jamais avoir d’émotions. Il me semble que, dans ce cas, c’est le signe d’un dysfonctionnement.

Bien sûr, j’ai conscience que lorsque je parle d’accueillir les émotions et les laisser vivre, je suis en désaccord avec les croyances de certains parents qui pensent que, au contraire, ne pas stopper ou nier les émotions c’est les entretenir. Je pourrais disserter sur de nombreuses lignes sans toutefois arriver à convaincre la majorité d’entre ceux qui pensent cela. J’aimerais donc juste vous inviter à essayer et de constater par vous-même les résultats.

‘Accueillir les émotions’, c’est aussi se laisser la chance de comprendre ce qui se cache vraiment derrière et de pouvoir alors aider son enfant, par exemple en adaptant son comportement plutôt qu’en cherchant systématiquement à changer celui de son enfant. Je détaillerai ce point dans un prochain post.

Pour conclure, je tiens à préciser que ‘accueillir les émotions’ ne signifie pas accepter tous les comportements qui en découlent. C’est un état d’esprit qui m’a énormément aidé dans ma relation avec mes enfants et qui me fait dire par exemple « Je vois que tu es très frustrée que Léchouille (c’est notre chatte) ne souhaite pas rester avec toi pour que tu la caresses. Néanmoins, l’attraper par la queue pour l’empêcher de partir n’est pas une solution acceptable pour moi pour prendre soin d’elle ».

 

 

Olivier Babando

 

 

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